La très difficile protection des cibles « molles »

La très difficile protection des cibles « molles »


La terreur a une fois de plus vu le jour dans notre pays, cette fois dans une église de Saint-Étienne-du-Rouvray, emportant le père Jacques Hamel âgé de 84 ans et blessant très grièvement un paroissien. Les 2 auteurs de ce terrible carnage ont été abattus par la BRI.


 

De très nombreux lieux de cultes

Face à un tel drame qui était redouté par les forces de sécurité, se pose bien naturellement la question de la protection des églises et, plus généralement, celle des lieux de culte. Afin de vous donner l’ampleur de la problématique, la France compte près de 45 000 églises, 4 000 temples protestants, 150 lieux de culte orthodoxes, 700 synagogues et écoles juives et près de 2 500 mosquées.

Depuis les attentats du 7 janvier 2015, les églises les plus emblématiques, telles que Notre-Dame de Paris ou bien encore le Sacré-Cœur de Montmartre, font l’objet d’une attention toute particulière dans le cadre de l’opération Sentinelle. Il en est de même pour toutes les synagogues et écoles juives, mais aussi pour un très grand nombre de mosquées afin d’empêcher des actes de vandalisme ou de vengeance dans le contexte que nous connaissons.

Des cibles « dures » et des cibles « molles »

Pour semer la terreur, les terroristes ont 2 possibilités : s’attaquer à une cible « dure » ou bien à une cible dite « molle ».

Une cible dure est constituée par tous les lieux ou personnes dont l’atteinte serait symbolique ou provoquerait un très grand nombre de victimes. Il est entendu qu’en l’état, ces cibles potentielles font l’objet d’une protection renforcée. Parmi les cibles dures, il est possible d’identifier les aéroports, les bâtiments officiels ou encore, pour ne citer qu’eux, les gares et autres très grands centres commerciaux tels que celui de la Défense par exemple. Ces cibles sensibles, qui deviennent des cibles « dures » du fait des moyens de protection engagés par l’État, sont quantifiables.

A contrario, les cibles « molles » sont inquantifiables, car réparties dans les 36 000 communes que compte le territoire français. Ces cibles « molles » peuvent être des lieux de culte, des supermarchés ou hypermarchés, des commerces de proximité et plus généralement tout lieu ouvert au public. Ces cibles sont dénommées ainsi, car leur niveau de protection ne peut, en l’état, leur permettre de résister à une attaque terroriste.

S’il y a encore peu de temps certains experts pensaient que les terroristes frapperaient en priorité Paris ou certaines grandes villes, l’attentat à Saint-Étienne-du-Rouvray vient de nous démontrer encore une fois que les terroristes sont passés maîtres dans l’art du contre-pied en frappant une ville de 27 000 habitants.

Des actions de « haute ou basse » intensité

Il n’y a plus de cibles ou de lieux privilégiés. Les terroristes peuvent frapper tout aussi bien Paris, Bordeaux ou Marseille que des villes et villages, des lieux publics ou privés ou des entreprises. Leur seul objectif est et restera de semer la mort et le chaos.

Face à de telles attaques dont la probabilité d’occurrence est certaine, seul le niveau de l’intensité de l’attaque pourra être différent. En effet, une action sera qualifiée de « haute intensité » si les assaillants sont nombreux et armés d’armes de guerre de type Kalachnikov et entraînent un grand nombre de victimes. On parle de « basse intensité » pour des attaques à l’arme blanche faisant un nombre réduit de victimes. Néanmoins, dans les 2 cas, à chaque attaque générant des victimes, ces infâmes personnages atteignent leur but, car des familles et proches pleureront celles et ceux qui seront tombés.

Cette guerre qui nous paraissait bien lointaine il n’y a pas encore si longtemps se répand aujourd’hui sur notre territoire avec des modes d’action, hélas, bien connus. En cela, l’État Islamique a déjà remporté une victoire de taille en réussissant à « activer » des terroristes à l’intérieur de nos frontières, tout en sachant pertinemment que d’autres sont en « sommeil ».

En conclusion, que la cible soit définie comme dure ou molle n’a plus beaucoup d’importance. En effet, en pénétrant le 26 juillet 2016 dans une église, les terroristes nous ont démontré encore une fois qu’ils n’auront aucune limite ou pitié. À ce jour et plus que jamais, la France tout entière est devenue une vaste cible pour ces fous de Dieu.

Que faire ?

Ce n’est pas l’augmentation des frappes en Irak ou en Syrie qui feront reculer la barbarie que nous connaissons depuis le 7 janvier 2015. Ce ne sont pas les discours martiaux des uns et des autres qui changeront quoi que ce soit. Ce ne sont pas les lois d’exception permettant d’enfermer ceux qui sont fichés S qui changeront là encore quelque chose, bien au contraire.

Les stratèges de l’État Islamique veulent plus que tout que nous nous lancions dans les mesures d’exception. Car ils savent que de nombreux fidèles inconnus des services de renseignement rejoindront alors leurs rangs dans un acte qu’ils nommeront alors résistance.

Ils veulent plus que tout que cette guerre contre le terrorisme se transforme en guerre de religion. Ils veulent voir des mosquées brûler en France et des atteintes physiques contre les musulmans de France et d’Europe. Ils veulent voir notre démocratie se déchirer.

Si nous souhaitons gagner cette guerre, il va falloir que nous acceptions que cette guerre soit longue. Il va falloir que nos gouvernants et hommes politiques agissent avec un très grand sens stratégique sans se perdre dans les méandres de la colère et de l’impulsivité.

Il va falloir que nous soyons d’une dureté exemplaire vis-à-vis de tous celles et ceux qui voudraient rejoindre les rangs de l’EI ou qui soutiendraient d’une manière ou d’une autre des idéologies terroristes.

Il va falloir que toutes les valeurs de notre République soient plus que jamais défendues avec une rigueur sans faille.

Il va falloir que les Français soient préparés à une guerre qui sera longue où nous perdrons obligatoirement des batailles.

Il va falloir que les Français développent une véritable culture en matière de sécurité afin de pouvoir par leurs comportements renforcer la prévention de tels actes.

Il va falloir que les schémas organisationnels en matière de sécurité intérieure soient totalement redessinés.

Il va falloir que certains dogmes tombent en matière de sécurité, notamment concernant l’armement de certains agents de sécurité ou bien encore en matière de collaboration entre le secteur privé et les forces de l’ordre.

Il va falloir que nous reconquérions nos territoires perdus en France, car nous avons des centaines de Molenbeek.

Enfin, il va falloir que nos gouvernants engagent une guerre sans merci pour l’éducation de tous qui constitue une des clefs de cette lutte contre le terrorisme.

Mais, plus que tout, il va falloir que les politiques de tout bord agissent à l’unisson, car il ne s’agit plus de politique politicienne, mais de la sécurité de tous leurs concitoyens.

 

>Si vous avez aimé cet article, faites-le savoir et partagez-le.


Pour vous protéger, n’hésitez pas à consulter nos solutions de


Partager sur les réseaux sociaux :

Abonnez-vous

Recevez une alerte par email à chacune de nos publications

    * En soumettant ce formulaire, j’accepte que les informations saisies soient utilisées pour m’alerter des nouvelles publications d’HAXXOM.
    J’accepte également de recevoir les offres commerciales et promotionnelles d’HAXXOM.
    Pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits, veuillez consulter notre Politique de Gestion des Données Personnelles.