Terrorisme et résilience

Terrorisme et résilience


S’il est un terme dont nous allons devoir connaître la signification, c’est bien celui de la résilience. En effet, nous allons tous devoir dans les mois et les années à venir apprendre à développer et entretenir notre capacité de résilience. Cette démarche doit nous permettre individuellement et collectivement « d’atténuer », autant que faire se peut, les impacts d’une action terroriste, mais aussi de nous « rétablir » le plus rapidement possible.


 

En décapitant des innocents, en menant des actions kamikazes, en allant frapper au cœur même de nos villes ou de nos entreprises, les terroristes cherchent outre la médiatisation de leurs actes à traumatiser le plus grand nombre. Pour ces infâmes personnages, le traumatisme des populations civiles est une des composantes tactiques de leurs stratégies. Ces terroristes savent pertinemment que les traumatismes entraîneront plusieurs effets qui peuvent être le repli sur soi-même, la vengeance, la désunion, la haine, la peur permanente, etc. Ils cherchent non seulement à nous terrasser physiquement, mais aussi à causer le plus de « dégâts » possible sur un plan psychologique.

Qu’est-ce que la résilience ?

Selon feu Michel Manciaux, la résilience consiste en « la capacité d’une personne ou d’un groupe à se développer bien, à continuer à se projeter dans l’avenir en dépit d’évènements déstabilisants, de conditions de vie difficiles, de traumatismes parfois sévères ».

Étymologiquement, le terme résilience vient du latin resilire qui veut dire rebondir, rejaillir.

La première étude menée sur le sujet a été conduite en 1954 par la psychologue américaine Emmy Werner. Cette psychologue entreprend sur l’un des archipels d’Hawaï (l’île de Kauai) une étude impliquant près de 700 enfants provenant d’ethnies différentes et ayant tous de sévères traumatismes (agressions sexuelles, violence, etc.). Au terme de son étude qui dura plus de 30 ans, la psychologue se rendit compte que 72 % de ses patients avaient encore de graves séquelles à l’âge adulte, mais que 28 % avaient réussi à bâtir une vie sociale totalement normale malgré les traumatismes subis dans leur jeune âge. Emmy Werner appela ces enfants les « résilients ».

En France, c’est le psychiatre et psychanalyste Boris Cyrulnik qui introduit le concept de résilience en France. Le psychiatre est convaincu que la pire des épreuves peut être surmontée. Pour ce faire, il mena notamment des travaux sur les rescapés des camps de la mort chez qui il constata, pour certains d’entre eux, une totale capacité à rebondir malgré les traumatismes vécus.

Un processus en deux étapes

Dans le fonctionnement de la résilience, il est essentiel de distinguer 2 grandes étapes.

En premier lieu, il y a l’étape du traumatisme pendant laquelle la personne met en place des mécanismes de défense. Pour ce faire, le traumatisme subi doit être parfaitement intégré par la ou les victimes. Dans cette phase, le mensonge, la duperie sont totalement improductifs. L’honnêteté et la clarté des messages sont primordiales afin d’accepter la situation et de s’y adapter.

La deuxième étape est l’étape de la reconstruction, et ce, quelle que soit la gravité des faits. Pour ce faire, il faut pouvoir trouver des repères forts afin de pouvoir stabiliser sa propre existence et si besoin celle de son entourage. Ces repères peuvent être la confiance que l’on place dans les actions du gouvernement, la confiance et l’écoute que l’on place dans sa famille, dans ses amis ou collègues de travail, etc.

Développer notre capacité de résilience est l’un des « outils » qui nous permettront de faire face aux jours sombres qui se dessinent.


Pour vous protéger, n’hésitez pas à consulter nos solutions de


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