Terrorisme : l’art de la dissimulation

Terrorisme : l’art de la dissimulation


Je ne sais pas si Mohamed Lahouaiej Bouhlel, le tueur de la Baie des Anges, emportant dans sa folie meurtrière 84 âmes innocentes et faisant 202 blessés, était bien un soldat de l’État Islamique ou pas, et cela même si l’État Islamique n’a pour l’instant jamais revendiqué un attentat par opportunisme.

Je ne sais pas si cet individu s’est, comme l’a déclaré Bernard Cazeneuve, « radicalisé rapidement » ou s’il a sciemment dissimulé cette radicalisation en appliquant à la lettre la Taqiya comme d’autres l’ont fait avant lui.

Au sein de l’Islam, la Taqiya a pour objet de dissimuler sa foi afin d’éviter les représailles d’un milieu hostile. La Taqiya s’oppose à l’idhāʿa qui est quant à elle une démarche de révélation.


La dissimulation : une stratégie à part entière

La dissimulation est une stratégie qui permet d’avancer dans l’ombre et cette démarche n’est pas propre aux terroristes islamistes. Elle est utilisée depuis la nuit des temps par des dictateurs, par des militaires ou révolutionnaires de tout poil, par les services secrets du monde entier, par toutes les personnes baignant dans un ésotérisme ou un autre, etc. Face à un adversaire, quel qu’il soit, et afin de remporter une victoire, la toute première stratégie consiste à ne pas dévoiler son jeu.

Qu’il s’agisse de guerre ouverte, de terrorisme, d’une partie d’échec, de politique, de commerce, de sport et de bien d’autres domaines encore…, la dissimulation doit pour remporter des victoires se transformer en art.

Pour atteindre leurs objectifs, la secte des assassins au 11e siècle pouvait préparer ses actions sur de longues périodes allant jusqu’à 2 ans. Le déguisement, la manipulation, la ruse étaient autant d’artifices utilisés par les « fidaïs » pour mener à bien leurs sinistres missions (cf. mon article du 14/04/2016 « La secte des assassins, une histoire qui se répète »).

Un berceau d’illusions

En matière de terrorisme islamique, nous pouvons toujours croire que nous n’aurons à faire dans les semaines, les mois et les années à venir qu’à de jeunes de banlieues, connus par les services de renseignement et fichés S. Nous pouvons toujours croire que nous n’aurons à faire qu’à des hommes de 25 ans environ, très pieux et criant à qui veut l’entendre leur haine pour l’Occident et leur volonté de rejoindre les rangs de l’État Islamique. Nous pouvons toujours croire que nous n’aurons à faire face qu’à des apprentis terroristes avec des patronymes orientaux.

Hélas, la réalité sera bien plus dure que cela, car nous découvrirons que des femmes ou des mineurs peuvent se transformer en animaux sanguinaires. Nous découvrirons que de jeunes Français convertis à la religion musulmane, officiellement ou non, sont passés à l’acte et qu’ils ont été totalement invisibles.

Une folie machiavélique

Lorsque ces profils passeront à l’acte en France ou en Europe, beaucoup penseront à raison que ce sont des fous. Et ils auront raison. Néanmoins, cette folie meurtrière ne les empêchera pas, comme cela a été le cas pour Mohamed Lahouaiej Bouhlel, de faire des repérages sur la Promenade des Anglais, de se procurer une arme de calibre 7.65 millimètres et des armes factices, de louer un véhicule de 19 tonnes, de transférer ses économies à ses proches, de préparer tactiquement son opération et de passer à l’action.

Adolf Hitler était fou, Joseph Staline était fou, Oussama Ben Laden était fou, Abu Bakr al-Baghdadi était fou et bien d’autres le sont. Les 19 pirates de l’air du 11 septembre 2001 étaient eux aussi fous, au même titre que les frères Kouachi ou Coulibaly ou bien encore les membres du commando du 13 novembre. Toutefois, cette folie les a tous conduits à commettre l’irréparable. Cette folie leur a permis de passer sous les radars des services de renseignement et de sécurité et, sans cette folie, jamais ils n’auraient pu passer à l’acte.

Alors, oui, ces monstres ont tous un point commun : ils sont fous. Mais cette folie n’est, hélas, pas dénuée de machiavélisme et donc « d’intelligence » pour contourner les obstacles qui se dressent face à eux.

Dans tous les cas, l’histoire retiendra a minima que Mohamed Lahouaiej Bouhlel était un fou qui aura fait le plus grand nombre de victimes en une seule action en Occident et qui aura su contourner les dispositifs de sécurité publique de la 5e puissance militaire mondiale.

 

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