La protection des gares face à la menace terroriste

La protection des gares face à la menace terroriste

 

« Faut-il instaurer, comme dans les aéroports, des portiques de sécurité dans les gares internationales ? »

La mise en œuvre de telles mesures est peu réaliste. En effet, outre le fait que les terroristes se dirigeront toujours vers les cibles plus accessibles, il est peu imaginable de chercher à inspecter filtrer les passagers et les bagages dans les gares qu’elles soient internationales ou non, à l’instar des mesures de sûreté dans les aéroports.

La mise en sûreté de plus de 3 000 gares dont 230 gares TGV, la sécurisation et le contrôle de tous les accès, le filtrage de plus de 2,2 milliards de passagers en transit par an ainsi que la sécurisation de plus de 30 000 kilomètres de voies ferrées est difficilement envisageable sans engager des coûts humains et matériels absolument considérables. En effet, ces 3000 gares présentent de multiples accès et des configurations qui, de manière générale, se prêtent difficilement aux contrôles d’accès et à l’inspection-filtrage des passagers. De plus, outre les importants impacts financiers et organisationnels, une telle option nécessiterait de protéger l’ensemble de ces 3 000 gares sans exception, car une tuerie dans une gare ou un train régional aura les mêmes conséquences qu’un massacre à la gare de Lyon ou dans un TGV Paris-Marseille. D’autre part, se posera concomitamment et inéluctablement la question concernant la protection des métros, des tramways, des gares routières, etc.

De plus, contrairement à un aéronef, un train pourra toujours pendant tout son parcours être la cible d’assaillants qui pourraient piéger les voies ferrées ou ouvrir le feu depuis l’extérieur, et ce même si le train file à 300 km/h.

Enfin, de telles mesures freineraient très considérablement la circulation des personnes et des biens et, par conséquent, auraient des impacts très importants sur un plan purement économique.

Quelles mesures pour protéger les gares ?

Si la protection physique des gares semble très difficile à mettre en œuvre, il est néanmoins possible d’envisager de nombreuses autres mesures applicables d’une manière générale à tous les lieux publics. Sans chercher à être exhaustif, en voici quelques-unes.

La première mesure pourrait être l’utilisation active des moyens de vidéosurveillance. Cette utilisation active de la vidéosurveillance consisterait au déploiement dans les PC sécurité des gares et autres lieux publics de « profilers », à l’instar de ceux qui interviennent pour le compte de certaines compagnies aériennes. Ces profilers, dûment formés, ont pour unique mission de détecter les comportements suspects des voyageurs et d’orienter les forces de l’ordre vers ces personnes afin qu’elles puissent être contrôlées. À ce dispositif, devra s’ajouter un contrôle physique et aléatoire des voyageurs et de leurs bagages, et ce d’une manière linéaire dans le temps et bien entendu sans aucune forme de discrimination.

Une seconde mesure serait de repenser totalement notre approche en matière de déploiement des forces de l’ordre.

En matière de protection d’espaces publics, il y a 2 types d’approches.

La première approche consiste à déployer des forces qui sont visibles de tous afin notamment « d’occuper le terrain » et de dissuader. C’est aujourd’hui le cas en France depuis de nombreuses années avec le déploiement de militaires dans nos rues et une présence policière la plus visible possible. Dans ce cas, les forces de l’ordre et les militaires sont visibles de tous, y compris par tous ceux ayant une volonté malveillante, et cela même si certains fonctionnaires évoluent en civil.

Tactiquement, une autre approche consisterait à privilégier les tenues civiles afin d’insécuriser un peu plus les acteurs malveillants. De plus, en dehors de certains cas bien précis, la surveillance des espaces publics ou zones sensibles devrait être assurée par des forces mobiles et des moyens de vidéosurveillance versus des surveillances statiques. En effet, nous devons nous préparer à court terme à ce que l’État ne puisse plus mettre deux policiers ou militaires devant toutes les zones qui seront identifiées comme sensibles.

Une troisième mesure, et non des moindres, est de développer chez tous nos concitoyens une attitude/culture vigilante et responsable au travers de communications adaptées. Dans un tel contexte, il est plus que primordial de ne pas créer de confusion dans les esprits en ajoutant de nouvelles « mesurettes » telles que des numéros verts, alors qu’il existe déjà en France des numéros d’urgence (112, 17). En effet, si une situation suspecte est détectée, elle doit être communiquée directement aux services les plus aptes à gérer la situation, et ce sans aucun filtrage.

De nombreuses autres mesures peuvent être mises en place. Mais pour cela, il va falloir que nous cassions certains schémas fortement ancrés, tels que les conditions de déploiement des forces militaires sur le territoire national, les relations et missions publiques/privées en matière de sécurité, la communication pendant et après une action terroriste, les conditions du port d’armes des fonctionnaires de police, gendarmes et douaniers hors service, les conditions de port d’armes de certains agents de sécurité privé, etc. Il va aussi falloir que les politiques de tout bord comprennent que la sécurité intérieure est un sujet bien trop sensible pour être l’objet de la moindre polémique.

Dans un tel contexte, il est plus que primordial que l’État fasse un bilan très précis de toutes ses capacités stratégiques afin de mettre en œuvre de nouvelles stratégies de protection des biens et des personnes, étant entendu que ces stratégies devront intégrer les pires scénarios.


Pour vous protéger, n’hésitez pas à consulter nos solutions de


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