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Une bannière jaune

02/12/2018 par Jean-Jacques RICHARD

 

Casseur dans la manifestation des gilets jaunesIl soufflait la semaine dernière sur les Champs-Élysées un vent d’insurrection dans ce rassemblement de gilets jaunes parmi lesquels il était encore clairement possible de distinguer les « vrais gilets jaunes » des révolutionnaires d’extrême droite ou gauche, ces casseurs de fin de soirée venus pour piller quelques enseignes des Champs-Élysées.

Sur les Champs-Élysées, ce samedi 24 novembre dernier, même si la plus belle avenue du monde a fini par ressembler à un champ de bataille avec ses barricades et multiples incendies, les 2 principaux points de tension se sont concentrés au niveau du Rond-point des Champs-Élysées et face à l’Arc de Triomphe, au niveau du Drugstore Publicis. De manière très sporadique, ces tensions en fin de journée se sont étendues aux rues adjacentes, du fait de petits groupes très mobiles.

Ce samedi 24 novembre dernier, malgré une désorganisation quelque peu évidente aux premières heures de ce soulèvement populaire d’un nouveau genre, les forces de l’ordre ont fait face, en sachant circonscrire la manifestation.

Le rassemblement d’hier, 1erdécembre 2018, – sans aucun doute possible dûment anticipé et préparé par les services de la préfecture de police de Paris – a tourné au fiasco total. Ce fiasco n’est en aucun cas dû à un manque de compétences de celles et ceux qui ont élaboré ce plan de sécurité publique, mais au fait qu’ils n’ont manifestement pas intégré que les manifestants auxquels ils ont eu à faire face n’en étaient pas.

En effet, une manifestation selon la définition du dictionnaire Larousse est « un rassemblement de personnes, organisé dans un lieu donné sur la voie publique, ayant un caractère revendicatif ». Les manifestants de la journée du samedi 1erdécembre 2018 étaient sur les Champs-Élysées au nombre de 500. Et ils ont pu exprimer leur mécontentement en déployant des banderoles ou en exprimant haut et fort leurs revendications, qu’il s’agisse de demander – parmi leurs 42 revendications – la démission du Président de la République, la dissolution de l’Assemblée nationale ou encore la baisse générale des taxes. Ces manifestants des Champs-Élysées ont donc pu donc exprimer leur colère dans un lieu donné et sur la voie publique.

 

Un vent de révolution

 

Les personnes ayant exprimé leur colère très tôt dans la journée au niveau de l’Arc de Triomphe, puis dans de nombreuses rues du 8earrondissement, ne sont pas des manifestants, mais bel et bien des révolutionnaires. Toujours selon la définition du dictionnaire Larousse, une révolution est « un changement brusque et violent dans la structure politique et sociale d’un État, qui se produit quand un groupe se dresse contre les autorités en place et prend le pouvoir ».

Certes, ces révolutionnaires n’ont pas encore pris le pouvoir. Toutefois, ces personnes ayant revêtu pour la très grande majorité d’entre elles un gilet jaune ont fait vaciller pendant plusieurs heures la puissance publique : en étant à l’origine de 249 départs de feu, dont 112 voitures et pas moins de 6 immeubles, en profanant l’un des symboles les plus forts de notre pays qui est l’Arc de Triomphe, en circulant sur la voie publique, armées de batte de baseball, de hache, de couteau, de marteau ou bien de bouteilles d’acide à jeter sur les forces de l’ordre. Au vu des terribles images d’hier qui ont déjà fait le tour du monde, nul ne peut dire qu’il ne soufflait pas hier un vent de révolution à Paris.

 

Des gilets jaunes sans leaders

 

Le problème pour les autorités publiques est qu’ils ont à faire à des personnes qui, dans les faits, se sont rassemblées sous une même « bannière », à savoir les gilets jaunes : groupe sans leaders, sans réels porte-parole, étant entendu que ceux qui ont été désignés pour accomplir cette mission ont été très rapidement menacés afin qu’ils ne prennent justement pas la parole. Un leader des gilets jaunes pourrait-il demain s’exprimer sur le perron de l’hôtel Matignon et dire à tous ses « frères d’armes » de France et de Navarre « Nous avons été entendus et nous avons gagné ce bras de fer contre le gouvernement » ? La réponse est bien entendu non, car d’autres leaders auto-proclamés drainant des milliers de « followers » ou de « likers » sur Twitter ou Facebook, diront : « Non, nous ne sommes pas d’accord et nous appelons à continuer le mouvement ».

Tout le problème est de savoir réellement qui se cache derrière cette bannière jaune fluo, derrière ces « nous ». Il y a bien entendu des personnes à bout sur un plan social. Mais il y a également tous ceux d’extrême droite et d’extrême gauche qui les pilotent, sachant pour une fois s’unir pour tenter de faire basculer le pouvoir. Ces extrémistes mettent en œuvre leurs manuels du parfait révolutionnaire à coup de communication, de scénarios de guérilla urbaine dûment préparés et de tout leur savoir-faire afin de souffler sur les moindres braises.

 

Une bannière souillée

 

La bannière jaune est aujourd’hui prise dans un étau et elle a été souillée hier par ces scènes de guérilla urbaine en plein cœur de Paris. Plus que jamais, cette bannière jaune sert de tenue de camouflage à celles et ceux qui ont des scénarios très éloignés de la simple revendication concernant le pouvoir d’achat.

Le très probable rassemblement de la semaine prochaine à Paris communément appelé « manifestation des gilets jaunes » sera encore différent tactiquement des manifestations du 24 novembre ou du 1erdécembre, car un très grand nombre de tous ceux qui participeront sous cette bannière jaune à cette manifestation s’adapteront au déploiement des forces de l’ordre, et ce qu’ils soient 4 000, 6 000 ou 7 000.

Il ne fait aucun doute que les stratégies et tactiques des autorités publiques évolueront en matière de maintien de l’ordre public. Il est peu probable qu’à Paris, la semaine prochaine, porter un gilet jaune suffira à exprimer aux yeux de la puissance publique une présence pacifique…

 

 

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J’ai fondé HAXXOM pour pouvoir faire les choses autrement, pour apporter de l’innovation et une vision stratégique à la sûreté, un secteur encore obscur pour beaucoup… Je voulais, tout simplement et en toute humilité, participer à lui rendre ses lettres de noblesse afin qu’elle soit génératrice de valeur pour les entreprises.
Jean-Jacques RICHARD, président d’HAXXOM

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