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Trop jeune pour mourir

15/10/2018 par Jean-Jacques RICHARD

 

Photo Trop jeune pour mourir12 ans n’est pas un âge pour mourir sous les coups de barres de fer, de battes de base-ball ou autres boules de pétanque. Cela aura été pourtant le terrible destin de ce jeune garçon qui est décédé ce dimanche 14 octobre à l’hôpital parisien Robert Debré.

12 ans est un âge où l’on joue au foot ou aux jeux vidéo, où l’on fait du sport et où l’on a plein de rêves dans la tête, mais certainement pas un âge où l’on défend un « territoire » ou bien un soi-disant « honneur » du fait du manque de « respect » d’untel ou d’untel.

Avant ce terrible drame dans la commune des Lilas (93), les précédents sont hélas légion et dans un passé pas si lointain. Le 17 septembre, c’était un jeune de 16 ans qui mourrait sous les balles tirées par une Kalachnikov dans la cité Joliot-Curie à Saint-Denis alors que 2 autres personnes étaient blessées. À Garges-Lès-Gonesse (95), c’est un autre jeune de 17 ans qui a été lynché mi-septembre par une bande rivale.

Et que dire de toutes ces victimes indirectes, comme ce jeune garçon de 11 ans (Sidi-Ahmed Hamache) tué par une balle perdue le 15 juin 2005 ?

Suite à de tels événements, nombreux sont celles et ceux qui demandent plus de moyens sur un plan sécuritaire. Mais, hélas, le mal est très profond.

Ces jeunes bourreaux et victimes sont pour la plupart d’entre eux enracinés dans l’hyper-violence. Cette hyper-violence leur permet de s’ancrer dans un environnement qu’ils ne maîtrisent pas. Cette hyper-violence leur permet d’exister aux yeux de leurs copain(ine)s, ils la mettront en œuvre pour défendre ce fameux « honneur » ou ce « respect » qui leur est si cher. Ce qui pourra nous paraître bien futile à nos yeux ne le sera pas pour eux, car les combats qu’ils mènent dans la rue leur permettent tout simplement d’exister et, qui sait, de se faire un nom, une réputation.

Ils ont 12, 13 ou 14 ans et sont capables de casser des crosses de hockey sous la violence des coups qu’ils portent à leurs adversaires. Ils sont capables de défier l’autorité des forces de police ou de gendarmerie, étant entendu que cela fait bien longtemps qu’ils ont bafoué l’autorité parentale, car la plupart d’entre eux « font déjà bouillir la marmite » en ramenant au foyer familial les produits de leurs larcins.

Cette notion de territoire, ils la connaissent par cœur, car tout comme leurs aînés, ils ont fait le « chouf » dans la cité pour se protéger des bandes rivales ou alerter en cas de descente des flics.

Ils s’imaginent dans une grande villa le nez dans la poudre à la manière d’Al Pacino dans Scarface ou monter un jour au braquo et affronter les flics de la même manière que dans Heat. Ces gamins veulent sortir de leurs « cités de merde » et surtout ne pas avoir le même destin que leurs parents et grands-parents. Et pour cela, ils sont prêts à tout.

Vous comprendrez que face à une telle situation, ce ne sont pas quelques policiers de plus, des équipements de vidéoprotection ou un énième plan en matière de sécurité intérieure à l’image du Plan de Sécurité du Quotidien (PSQ) qui vont changer les choses.

La réalité est brutale et effrayante, car oui, il y a bien des zones de non-droit en France. Des zones où les policiers doivent avant toute intervention en référer à leur hiérarchie et obtenir une autorisation, car les risques d’émeute sont plus que substantiels.

Des choix politiques ont été faits, il y a maintenant des dizaines d’années, en créant ces grands ensembles. Des choix politiques ont été faits en pensant qu’il serait possible de canaliser les trafics et une violence grandissante dans ces quartiers sensibles.

La stratégie ne doit pas consister à canaliser cette violence, mais à y faire face, et ce en assumant toutes nos responsabilités. Ce ne sont pas 500 ou bien 1 000 policiers qui permettront de réinvestir ces quartiers, mais la mise en œuvre d’une stratégie impliquant toutes les strates de l’État, qu’il s’agisse des ministères de l’Intérieur, de l’Éducation, des Finances, de la Justice, des Caisses d’Allocations Familiales, de Pôle emploi, etc.  Une fois définie, et au-delà de simples ajustements, cette stratégie ne devrait plus changer au gré des gouvernements, car, pour reconquérir tous nos territoires perdus, il faudra du temps, beaucoup de temps.

Nous pouvons également nous rassurer en prenant en compte les données du ministère de l’Intérieur qui laissent apparaître que les événements violents entre bandes ont baissé de 19 % entre 2016 et 2017. Dans ce cas, nos désillusions risquent d’être dans les mois et les années à venir encore plus importantes qu’elles ne l’ont déjà été.

 

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J’ai fondé HAXXOM pour pouvoir faire les choses autrement, pour apporter de l’innovation et une vision stratégique à la sûreté, un secteur encore obscur pour beaucoup… Je voulais, tout simplement et en toute humilité, participer à lui rendre ses lettres de noblesse afin qu’elle soit génératrice de valeur pour les entreprises.
Jean-Jacques RICHARD, président d’HAXXOM

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