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Sûreté dans les aéroports : une escalade impossible

21/03/2017  par Jean-Jacques RICHARD

 

Sûreté dans les aéroportsUne fois encore, des voix s’élèvent pour réclamer plus de sécurité/sûreté dans les aéroports à la suite de l’action de Zyed Ben Belgacem samedi à l’aéroport d’Orly

Nombreux sont aussi ceux qui prennent comme exemple en matière de sécurisation les aéroports israéliens afin de prôner la nécessité d’une sécurisation le plus en amont possible.

Tout d’abord, il est des plus importants de comparer ce qui est comparable. À titre d’exemple, l’aéroport Ben Gurion de Tel-Aviv a enregistré en 2016 17 millions de passagers sur des vols internationaux, pour un total de 18 millions de passagers en incluant les vols intérieurs.

Les aéroports d’Orly et de Roissy-Charles-de-Gaulle ont enregistré respectivement pour l’année 2016 plus de 31 millions et 65 millions de passagers. À titre d’information, des aéroports comme Nice-Côte d’Azur ou bien Lyon-Saint-Exupéry enregistrent plus de 12 millions de passagers pour le premier et plus de 9 millions pour le second.

Au total, il y a en France plus de 20 aéroports qui enregistrent plus d’1 million de passagers par an, sans compter tous les autres aéroports déployés sur l’ensemble du territoire.

Selon Eurostat, l’Europe a enregistré quelque 880 millions de passagers en 2014.

 

Des moyens inimaginables

 

Un contrôle d’accès des passagers en amont des aérogares impliquerait des moyens humains et matériels qui sont difficilement envisageables pour un résultat dont l’efficacité serait des plus discutables.

En effet, rien n’empêcherait des kamikazes ou commandos armés de prendre pour cible les passagers en attente d’être contrôlés.

Le 28 juin 2016, l’aéroport international Atatürk d’Istanbul – le plus grand aéroport de Turquie et l’un des plus sécurisés au monde – était pris pour cible par 3 terroristes. Le bilan de cette attaque : 36 morts et plus de 140 blessés.

Il doit être entendu que rien n’empêchera un groupe de terroristes de se lancer à l’assaut d’un aéroport, et ce, où qu’il se trouve dans le monde. Il ne s’agit en l’espèce que d’une volonté, de moyens et de tactiques.

Les aéroports ont toujours constitué une cible de choix pour les terroristes de tout poil, car ils représentent non seulement un symbole, mais aussi une « caisse » de résonnance médiatique importante du fait notamment des différentes nationalités présentes en un même lieu.

En Europe, et notamment après les attentats du 11 septembre 2001, les aéroports sont devenus de véritables « cibles dures » avec des capacités opérationnelles des plus importantes afin de faire face au niveau de menace que nous connaissons. Un tel niveau de protection ne permet, hélas, en aucun cas d’exclure qu’une action terroriste de grande ampleur puisse se matérialiser un jour.

 

Le goût du défi

 

Si tous les hackers du monde n’ont pas les mêmes objectifs, ils ont tous un point commun : le défi de franchir des firewalls que leurs concepteurs estiment être infranchissables.

Sans nul doute, ce goût du défi habite aussi nombre de terroristes qui, en frappant une cible dure telle qu’un aéroport, défient encore un peu plus les autorités.

Mais les terroristes sont aussi très pragmatiques. En effet, dans les centaines d’attentats qui ont frappé le monde ces 10 dernières années, les attaques ayant visé un aéroport ou un avion sont très peu nombreuses comparativement à celles qui ont frappé des marchés, des bâtiments publics, des commissariats, des bases militaires ou des lieux de culte…

Les terroristes sont également pragmatiques, car ils chercheront dans la plupart du temps à frapper des « cibles molles » afin de causer un maximum de victimes au sein de la population civile, comme cela a été notamment le cas le 13 novembre 2015 ou bien encore le 14 juillet 2016.

À ce jour, les terroristes n’ont nul besoin d’affronter les forces de sécurité dans un aéroport pour atteindre leurs objectifs. Ils savent pertinemment que les cibles potentielles en France, en Europe et dans le monde sont innombrables. Que les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et d’Orly deviennent des bunkers et ils iront frapper ceux de Marseille, de Lille ou de Bordeaux. Que tous les aéroports de France soient « bunkérisés » et ils iront frapper des marchés, des hôpitaux, des écoles, des mairies, des centres administratifs, etc. à Perpignan, Vesoul, Niort ou bien encore Pontcarré, etc.

Aujourd’hui, les cadres dirigeants de l’État Islamiste ou d’Al-Qaida ne sont pas confrontés à un problème de ressources humaines ou de motivation de leurs troupes, mais tout simplement à un problème de logistique.

D’un autre côté, ces organisations terroristes savent avoir le temps de trouver des solutions, car ils disposent d’avantages de poids : l’effet de surprise et leur sauvagerie. Ces 2 aspects réunis leur permettent de maintenir cette pression psychologique sur les gouvernements et la population.

 

Des axes d’amélioration

 

Pour conclure, si le niveau de sûreté des aéroports français peut être considéré comme élevé, il n’en reste pas moins vrai qu’il y a encore des axes d’amélioration à envisager.

Parmi ces axes d’amélioration, il y a l’armement des agents de sûreté qui, pour la plupart d’entre eux, gèrent les postes d’inspection filtrage, zone qui sépare le côté ville du côté piste.

Ces agents de sûreté représentent un effectif non négligeable, car ils sont près de 10 000 déployés dans les aéroports français et dans les hubs de frets aériens.

L’armement de ces agents de sûreté est une priorité afin qu’ils puissent constituer un rideau de protection supplémentaire.

Cette guerre contre le terrorisme ne fait que commencer, raison pour laquelle il devient plus qu’urgent d’adapter les moyens existants au niveau de la menace.

 

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J’ai fondé HAXXOM pour pouvoir faire les choses autrement, pour apporter de l’innovation et une vision stratégique à la sûreté, un secteur encore obscur pour beaucoup… Je voulais, tout simplement et en toute humilité, participer à lui rendre ses lettres de noblesse afin qu’elle soit génératrice de valeur pour les entreprises.
Jean-Jacques RICHARD, président d’HAXXOM

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