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Prospectives

09/01/2017  par Jean-Jacques RICHARD

 

Prospectives et sécuritéProspectivus : « qui permet de voir loin, d’offrir une perspective ».

La prospective n’a pas pour ambition de prévoir l’avenir, mais de l’anticiper à l’aide d’une multitude d’informations, qu’elles soient sociologiques, politiques, environnementales, géopolitiques, économiques, statistiques, etc.

L’histoire est aussi une des composantes importantes de la démarche, car, comme l’a souligné l’économiste Michel Goubet, « si l’histoire ne se répète pas, les comportements humains se reproduisent ».

 

Prévision et prospective

 

Il est important de bien distinguer la prévision de la prospective.

La prévision est rationnelle, elle se fonde sur des données mathématiques et, dans tous les cas, sur des données des plus cartésiennes. Les prévisions prennent appui sur des situations existantes et font un bond dans le temps.

Les prospectives sont quant à elles beaucoup moins « rationnelles » aux yeux du plus grand nombre. Elles s’appuient sur de multiples facteurs, comme évoqué plus haut. Tous ces facteurs sont variables et s’entrecroisent entre eux.

Les qualités principales d’un prospectiviste sont d’avoir une imagination débordante et de ne pas avoir peur du ridicule afin d’envisager tous les scénarios possibles, du plus évident au plus improbable.

Les véritables prospectives sont bien souvent dérangeantes. En effet, non seulement ce type de démarche peut sembler totalement irrationnel, mais aussi elles font généralement émerger des ruptures, qu’elles soient sociologiques, technologiques, économiques, etc.

 

Prospectives et sécurité

 

Qui aurait imaginé en 1980, en 1990 ou bien encore en 2000 que les États-Unis seraient attaqués sur leur sol par un groupuscule terroriste de type religieux ? Qui aurait imaginé, le 6 janvier 2015, la tuerie de Charlie Hebdo et de l’hypercacher de Vincennes ? Qui aurait imaginé, le 12 novembre 2015, les massacres du 13/11 en plein cœur de Paris ou bien encore, le 13 juillet, le bain de sang de Nice le lendemain ?

Les réponses à ces questions sont que certains ont imaginé de tels scénarios, mais que ces scénarios ont été écartés d’un revers de manche par d’autres, car jugés inconcevables, irréalistes…

Qui imaginerait aujourd’hui que notre pays puisse faire l’objet d’attaques terroristes quotidiennes et que de telles attaques déstabiliseraient totalement le ministère de l’Intérieur au point que les pouvoirs en matière de sécurité pourraient être transférés au ministère de la Défense (état de crise) ? Quels sont celles et ceux qui imaginent une France de nouveau « brisée, outragée et martyrisée » ?

Là aussi, celles et ceux qui imaginent de tels scénarios sont très peu nombreux et seront à coups sûrs accusés, s’ils se dévoilent au grand jour, d’avoir des analyses irréalistes et, dans tous les cas, anxiogènes.

 

Au-delà des prévisions et de l’imagination

 

Dans sa démarche, un prospectiviste doit identifier et analyser tous les signaux faibles. Bien souvent, les scénarios en matière de prospective peuvent être jugés par certains comme étant de la science-fiction pure et simple. Mais, comme chacun le sait, la réalité dépasse bien souvent la fiction.

Comme cela a été déjà précisé, la prospective n’a pas pour objectif de prédire l’avenir, mais simplement d’en définir ses contours. À ce jour, et aussi incroyable que cela puisse paraître, de grands groupes internationaux font appel à des écrivains de science-fiction pour définir ce que sera le futur, en matière de technologie notamment. Jules Verne n’a-t-il pas imaginé le sous-marin dans 20 000 lieues sous les mers ? Léonard de Vinci n’a-t-il pas imaginé l’avion ou l’hélicoptère entre autres, et cela même si ces inventions ne verront pas le jour de son vivant ?…

En matière de sécurité, la prospective est un véritable challenge, car, faute de prospective, les dégâts matériels, les pertes humaines, les impacts économiques seront inexorablement catastrophiques. Si l’inimaginable n’est pas anticipé, le pire se produira.

La prospective, c’est aussi et surtout l’art de se poser les bonnes questions et, plus que tout, d’imaginer les bonnes réponses.

Dans les années 90, les prévisions de Kodak étaient sans nul doute des plus optimistes et rien ne devait pouvoir abattre ce géant qui n’avait pourtant que des pieds d’argile. Nokia, Alcatel et bien d’autres multinationales avaient des prévisions de développement exponentielles, néanmoins toutes ces prévisions ont été battues en brèche. Apple, Facebook, Samsung semblent être aujourd’hui des sociétés dont les prévisions sont très optimistes, mais qu’en serait-il si les consommateurs ne réagissaient finalement plus selon leurs projections ?

En 2001, puis en 2003, les campagnes militaires en Afghanistan et en Irak devaient être une « simple formalité » pour la première puissance militaire mondiale et ses stratèges militaires, et ce selon leurs prévisions. Seize ans plus tard et quelque trois millions de morts, qu’en est-il réellement ?

Le printemps arabe – soutenu clandestinement ou non par plusieurs États étrangers – devait faire souffler un vent de démocratie sur ces pays qui se soulevaient contre leur dictateur. Des pays comme la Tunisie, l’Égypte, la Libye, etc. ont-ils goûté de près ou même de loin à ce souffle démocratique ?

Le déploiement de 10 000 militaires sur notre territoire, le plan Vigipirate et l’état d’urgence sont censés nous protéger contre le terrorisme islamiste. Mais, malgré le nombre de victimes sur notre sol, nous n’avons pas été pour l’instant confrontés au terrorisme dans sa forme ultime, mais simplement à des primo-terroristes sans aucune expérience du combat et de l’orchestration du chaos.

N’y a-t-il pas dans notre pays un souffle de révolution qui parcourt les différentes couches de la société sans que nos politiques ne le sentent le moins du monde ?

Demain sera obligatoirement difficile, car demain nous est inconnu aujourd’hui, et cela même si certains sont convaincus du contraire…

 

 

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J’ai fondé HAXXOM pour pouvoir faire les choses autrement, pour apporter de l’innovation et une vision stratégique à la sûreté, un secteur encore obscur pour beaucoup… Je voulais, tout simplement et en toute humilité, participer à lui rendre ses lettres de noblesse afin qu’elle soit génératrice de valeur pour les entreprises.
Jean-Jacques RICHARD, président d’HAXXOM

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