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Sécurité urbaine : Nos cités perdues

12/10/2016  par Jean-Jacques RICHARD

 

cités perduesComme nous allons le voir dans cet article, l’attaque de 4 policiers samedi dernier à Viry-Châtillon par une bande de criminels est extrêmement préoccupante à plusieurs titres.

D’une part, l’attaque de samedi dernier n’a rien à voir avec une bande de « sauvageons » désireux d’occuper leur temps libre en jouant au chat et à la souris avec des représentants de l’État. Il s’agit bel et bien d’une attaque menée par des criminels agissant de manière préméditée et de manière très organisée.

Dans cette attaque des forces de l’ordre aux cocktails Molotov qui a impliqué une trentaine d’individus selon différents témoignages, nous sommes clairement face à des individus qui sont plus que jamais décidés à défendre coûte que coûte leur territoire.

Nous pouvons toujours croire que cet incident est un acte isolé. Mais les faits sont tout autres puisqu’il ne s’agit là que du quotidien des forces de l’ordre qui sont confrontées dans ces quartiers sensibles, et ce depuis des années, à des individus de plus en plus violents, mais aussi de plus en plus jeunes.

D’autre part, dans cette affaire, nous sommes une fois de plus dans la réaction. Il est certes tout à fait louable que des mesures soient prises par le gouvernement pour équiper les véhicules de police de dispositifs anti-caillassage, voire de blindage, pour les équipages évoluant dans des quartiers très sensibles ou bien encore que les tenues des policiers soient ignifugées. Il est tout aussi très important de mener des « réflexions » sur l’utilisation de caméras mobiles afin « de visualiser à distance les circonstances d’une intervention et les moyens à déployer en renfort le cas échéant ». Néanmoins, dans l’interstice de ces « réflexions », 4 policiers ont été blessés, dont un est toujours entre la vie et la mort.

Une fois encore, nous parlons de mesures de protection, sans pour autant chercher à traiter le fond du problème lui-même. Outre le fait que les forces de l’ordre ne peuvent plus pénétrer dans certains quartiers sans un déploiement de forces considérable et à 6 h du matin, sous risque d’être confrontés à une résistance certaine, nous en sommes arrivés à positionner des équipages de policiers afin de « protéger » un dispositif de vidéoprotection, comme cela a été le cas à Viry-Châtillon.

Si certains de ces quartiers qui véritablement sous le joug de ces délinquants et criminels, nous ne pouvons oublier que de nombreuses familles vivent quotidiennement dans l’angoisse d’être confrontées d’une manière ou d’une autre à ces maîtres de la cité qui n’hésiteront pas à châtier celles et ceux qui oseraient se dresser contre eux.

Enfin, cette situation est très préoccupante, car un pays où une frange de sa population, aussi minime soit-elle, qui n’a plus peur d’affronter les autorités publiques de manière aussi brutale est un pays qui glisse lentement vers des situations qui peuvent devenir totalement incontrôlables.

Qu’il s’agisse de délinquance de droit commun ou de terrorisme, l’ultime degré de violence est pour ces personnages d’attaquer frontalement l’appareil étatique, que ce soit des institutions publiques, des représentants publics ou des forces de sécurité.

En 1981, suite aux violences urbaines qui avaient frappé Vénissieux et Rillieux-la-Pape dans la banlieue lyonnaise, le rapport Bonnemaison (1982) était intitulé « Face à la délinquance : prévention, répression, solidarité ». Je pense, hélas, que nous sommes encore très loin des vœux de Gilbert Bonnemaison, et ce qu’il s’agisse de la prévention, de la répression et bien plus encore de la solidarité.

Christophe Guilluy, dans son ouvrage La France périphérique, souligne que « l’insécurité et les violences urbaines se sont incrustées dans les zones urbaines sensibles sans pour autant créer de mouvement social sérieux ou dangereux pour le système ». Je rajouterai : « pour l’instant… »

 

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J’ai fondé HAXXOM pour pouvoir faire les choses autrement, pour apporter de l’innovation et une vision stratégique à la sûreté, un secteur encore obscur pour beaucoup… Je voulais, tout simplement et en toute humilité, participer à lui rendre ses lettres de noblesse afin qu’elle soit génératrice de valeur pour les entreprises.
Jean-Jacques RICHARD, président d’HAXXOM

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