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Coronavirus : une gestion de crise entre le marteau et l’enclume

04/03/2020 par Jean-Jacques RICHARD

 

Coronavirus

La gestion d’une crise telle que celle du coronavirus (COVID-19) est infiniment complexe pour un État comme la France. En effet, que dire d’une crise sanitaire qui, selon les sources officielles, compte 92 722 cas dans le monde et qui a fait 3 155 morts ?

En date du 4 mars 2020, la France quant à elle comptabilise 257 personnes contaminées et 4 décès. Face à une telle situation, nombreuses sont les personnes qui s’interrogent sur la pertinence d’utiliser le terme de crise ou des mesures déployées en France, en Europe et plus généralement dans le monde.

Que penser d’une épidémie qui n’a fait que 3 155 morts dans le monde – soit 0,000041 % de la population mondiale (7,7 milliards) – alors que la faim tuerait environ 9 125 000 personnes tous les ans sur notre planète – soit 25 000 personnes par jour – selon Martin CAPARROS, auteur du livre « la faim » ? La vraie crise n’est-elle pas la faim dans le monde en lieu et place de ce que certains qualifient de « grippette » ?

 

Coronavirus : simple « grippette » ?

 

Pour de nombreux virologues, une chose est certaine : comparer la grippe saisonnière et le COVID-19 revient à comparer des choux et des carottes.

Rappelons que selon les chiffres communiqués par l’OMS, la grippe saisonnière tue chaque année entre 290 000 à 650 000 personnes. Pour la saison 2018-2019, elle a conduit aux décès de 8 100 personnes en France (Source : Santé publique France).

Concernant le coronavirus, le taux de létalité varierait entre 2,3 % et 2,6 % des personnes infectées (selon les premières études réalisées par le centre chinois de contrôle et de prévention des maladies), soit un taux près de trente fois plus élevé que celui de la grippe saisonnière, qui s’élève à 0,1 %.

Précisons également que, du fait de la situation sur un plan mondial, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a déclaré le 30 janvier que l’épidémie de coronavirus COVID-19 constituait une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).

Il semblerait donc que les choux et les carottes ne puissent vraiment pas être comparés.

 

Une gestion de crise des plus compliquée

 

Avec de tels paramètres, que devraient faire celles et ceux qui nous dirigent ? Ne rien faire et attendre de voir comment progresse la situation, au risque de faire face à une hécatombe ? Agir préventivement au risque d’être raillés par des opposants politiques et/ou une population qui ne peut comprendre un tel flot de mesures pour moins de 300 cas détectés en France et 4 décès ?

Nous ne nous attarderons pas sur les complotistes en tout genre qui, face à de telles situations, ont une imagination des plus débordante.

Avec de telles données, sans oublier les impacts économiques qui seront assurément très importants, la gestion de ce type de crise est des plus complexe, étant entendu que le maître mot dans un tel contexte est celui de l’anticipation.

L’ensemble des actions préventives mises en œuvre par les gouvernements dans le monde place de facto le coronavirus entre le marteau et l’enclume. En effet, si les gouvernements n’agissent pas par anticipation, ils savent qu’ils courent potentiellement vers la crise sanitaire du siècle.

En France, la situation est d’autant plus difficile que le gouvernement ne gère pas une crise, mais des crises telles que les Gilets jaunes, la réforme des retraites, etc.

En matière de gestion de crise publique, l’un des éléments les plus importants pour y faire face est d’être parfaitement audible afin que la population puisse faire bloc derrière son président et son gouvernement. Il s’agit aussi d’être en mesure d’ « activer » chez nos concitoyens une capacité de résilience qui pourrait être plus que nécessaire. Nul besoin de préciser que ces différents aspects ne sont pas gagnés par avance.

En l’état, le gouvernement français, comme d’autres, ne peut faire reposer sa stratégie que sur des informations connues et un nombre bien plus important d’inconnues.

De plus, ceux qui nous gouvernent savent mieux que quiconque qu’une crise sanitaire d’ampleur mondiale entraînera des sous-crises qui seront économiques, sociales, humaines, juridiques, etc.

Dans un tel contexte, les cellules de crise du gouvernement doivent s’affairer à mesurer quotidiennement le niveau de criticité de la crise – que l’on obtient en multipliant une probabilité d’occurrence et un niveau de gravité. En l’état actuel, il ne fait aucun doute que ce niveau de criticité ne fait qu’augmenter. En fonction des seuils qui ont été définis par le gouvernement, des mesures seront alors prises, notamment le passage du seuil d’alerte sanitaire du stade 2 au stade 3 « phase épidémique ».

 

Anticipation et dérapages incontrôlés

 

Chacune dans leurs domaines de prédilection, les cellules de crises anticipent aussi tous les impacts indirects tels qu’une récession économique à court ou moyen terme, des violences en tout genre, le croisement d’une situation sanitaire extrême et des attentats, etc.

L’anticipation constitue assurément une règle d’or en matière de gestion de crise. Mais le problème majeur avec l’anticipation est que les « vraies emmerdes » n’ont pas encore frappé à votre porte, étant entendu que si elles venaient à le faire vous seriez dans la quasi-impossibilité de « maîtriser » la situation.

Gérer une crise, c’est être en mesure de gérer la loi d’Edward A. Murphy Jr (ingénieur aérospatial américain) encore nommée loi de « l’emmerdement maximum ». Comme Murphy le précisait : « tout ce qui est susceptible d’aller mal, ira mal ».

Sans une parfaite anticipation, il est illusoire d’imaginer gérer une crise, qui plus est de cette ampleur.

Pour certains, l’anticipation peut être extrêmement anxiogène. Cette angoisse vient du fait que ces personnes voient se dessiner de manière consciente ou inconsciente des probabilités et des seuils de gravité qui leur font peur. Dans de tels cas de figure, la solution consiste pour elles à se réfugier dans les bras du déni, du complotisme et pour certains, dans la haine et la violence.

Nul ne sait dire avec certitude quelle tournure prendra cette crise sanitaire qu’affronte le monde. La seule chose qui puisse être avancée avec certitude, c’est qu’un gouvernement qui minimiserait une telle situation serait totalement irresponsable.

Enfin, gérer une crise telle que celle du coronavirus – COVID 19, c’est avant tout être en mesure d’assumer chacune des décisions prises pour l’endiguer, tout en étant conscient que « trop » de mesures préventives aujourd’hui seront peut-être largement insuffisantes demain.

 

 

 


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J’ai fondé HAXXOM pour pouvoir faire les choses autrement, pour apporter de l’innovation et une vision stratégique à la sûreté, un secteur encore obscur pour beaucoup… Je voulais, tout simplement et en toute humilité, participer à lui rendre ses lettres de noblesse afin qu’elle soit génératrice de valeur pour les entreprises.
Jean-Jacques RICHARD, président d’HAXXOM

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