Pick a color

Boxed/Wide

Boxed
Wide

Content width

1200
1040
960

Select headings font

Background (Boxed)

Au cœur d’une simulation du RAID et de la BRI

13/05/2016  par Jean-Jacques RICHARD

 

simulation du RAIDIls se prénomment ou se surnomment Laurent, Christophe, Kiki, Boblack, Benji, ou Jean-Stéphane… Pour la plupart d’entre eux, ils sont mariés et pères de famille. Et ils n’ont de cesse de s’entraîner, de se coordonner dans des environnements différents, de répéter la moindre progression. Ils, ce sont les hommes du RAID et de la BRI.

Si l’entraînement de ces unités se déroule généralement en milieu clos, ils se déroulent aussi parfois dans des espaces publics. L’objectif de ces exercices en milieu ouvert est de leur permettre d’être capables de s’adapter très rapidement à des configurations différentes, mais aussi de répéter, encore et encore, les moindres gestes, allant de la phase de déclenchement d’une opération à la libération d’otages.

Le jeudi 12 mai, le RAID et la BRI de Lyon ont jeté leur dévolu sur la commune de Meyzieu. Cette ville calme, située dans la partie nord-est de la métropole de Lyon, compte 31 000 habitants. Ainsi, Meyzieu est devenue pour quelques heures le théâtre d’une action terroriste impliquant une quarantaine de figurants, des policiers municipaux et nationaux, des équipages de la BAC (Brigade Anti-Criminalité) et enfin le RAID et la BRI.

Si l’opération a duré moins de 2 heures, elle aura demandé aux opérateurs du RAID et de la BRI responsables de l’exercice une longue préparation afin d’identifier le lieu de l’opération, les figurants, mais aussi afin d’établir un scénario permettant de mettre en œuvre et de tester plusieurs approches tactiques. Il aura fallu aussi à ces membres du RAID et de la BRI briefer et préparer à l’exercice l’ensemble des figurants sur un plan psychologique.

Pour que la simulation puisse se dérouler avec le plus de réalisme possible, seuls les membres du RAID et de la BRI organisateurs de l’exercice connaissaient les détails du scénario. Les primo-intervenants, constitués par les policiers municipaux de la ville et les policiers de la BAC, ainsi que les autres membres opérationnels du RAID et de la BRI n’étaient informés que du lieu de l’opération, à savoir la Mairie de Meyzieu, vaste bâtiment de 2 étages et de 4 934 mètres carrés.

À 17 h, les membres du RAID et de la BRI briefent une dernière fois les figurants (victimes et terroristes) et leur affectent leur « rôle » afin que l’exercice puisse se dérouler dans les meilleures conditions possible.

Et puis, à 18h30, les choses s’accélèrent : Cinq terroristes armés d’armes automatiques et de gilets explosifs s’introduisent dans la Mairie et ouvrent le feu, sans aucun discernement. Dans cet assaut, les premières personnes présentes dans la Mairie tombent sous les balles des terroristes. Un « passant » contacte alors Police-Secours : « Venez vite ! Il y a des coups de feu à la Mairie de Meyzieu. Il y a des personnes qui courent. Je vois une personne qui saigne… »

L’alerte est donnée. Ce sont les policiers municipaux qui pénètrent les premiers dans la Mairie, suivis de près par des policiers du Groupement de Sécurité de Proximité (GSP), de la Compagnie Départementale d’Intervention (CDI) et de la BAC. L’objectif de ces primo-intervenants consiste alors à « fixer » la situation afin de limiter, autant que faire se peut, le nombre de victimes.

Rapidement, un premier terroriste est neutralisé alors que les autres fanatiques se réfugient dans les étages avec des otages. Certaines personnes présentes dans la Mairie réussissent à ce moment-là à s’échapper. Elles sont alors rapidement prises en charge par les policiers déployés à l’extérieur du bâtiment.

Les premiers effectifs du RAID et de la BRI arrivent peu de temps après sur place.simulation du RAID

Sous le commandement d’un capitaine du RAID et la supervision du commissaire de circonscription, un PC de crise est installé à proximité de la Mairie, dans les locaux de la police municipale.

Rapidement, une collecte d’informations est effectuée avec le concours de rescapés, de personnels de la Mairie et de témoins de l’événement. Rien n’est laissé au hasard, qu’il s’agisse de la configuration des lieux, du nombre de personnes présentes dans la mairie, du nombre de terroristes et de leur description physique, de leur armement ou bien encore du nombre de blessés. Cette étape de prise d’informations et d’analyse globale de la situation est rapide et efficace.

En peu de temps, un schéma tactique est élaboré et le top assaut est donné. Pour des raisons évidentes de sécurité, je ne commenterai pas ce schéma dans le détail.

Les choses vont néanmoins très vite et les colonnes d’assaut progressent avec détermination et grande minutie, ne laissant rien au hasard.

Pendant ce temps, le médecin du RAID trépigne devant l’une des entrées du bâtiment, protégé par un homme de son équipe. Il veut y aller. Le médecin finit par pénétrer dans le bâtiment alors que celui-ci n’est toujours pas totalement sécurisé. Sous la vigilance de son ange gardien du RAID, il constate les dégâts et prodigue les premiers soins d’urgence.

À 20h00, tous les otages sont libérés après avoir été fouillés et contrôlés. Quant aux terroristes, ils ont tous été neutralisés.simulation du RAID

Les visages des figurants apparaissent marqués par cet exercice, ce dernier ne pouvant que faire écho aux terribles événements du 13 novembre 2015. Les détonations, la présence de ces hommes casqués et lourdement armés sont autant d’éléments qui ne peuvent être qu’impressionnants.

FINEX (Fin d’Exercice)

Ces hommes s’entraînent avec un engagement et une abnégation qui est palpable. En cette soirée du 12 mai, la devise du RAID « servir sans faillir » a été parfaitement appliquée par tous ceux qui sont intervenus dans le cadre de cet exercice, qu’il s’agisse des policiers municipaux, des policiers nationaux ou des hommes du RAID ou de la BRI.

Si les terroristes qui cherchent à frapper notre pays ne cessent de dire qu’ils aiment la mort autant que nous aimons la vie, qu’ils sachent bien que nombreux sont ceux qui aiment tellement la vie qu’ils sont prêts à sacrifier la leur pour en sauver d’autres.

Je ne peux que profiter de cet article pour remercier chaleureusement tous celles et ceux, policiers nationaux et municipaux, gendarmes, douaniers et militaires, qui tous les jours par leurs actions constituent cet ultime rempart qui nous sépare de la barbarie.

 

quote-haut
J’ai fondé HAXXOM pour pouvoir faire les choses autrement, pour apporter de l’innovation et une vision stratégique à la sûreté, un secteur encore obscur pour beaucoup… Je voulais, tout simplement et en toute humilité, participer à lui rendre ses lettres de noblesse afin qu’elle soit génératrice de valeur pour les entreprises.
Jean-Jacques RICHARD, président d’HAXXOM

quote-bas

Abonnez-vous

Catégories