La sécurité dans les transports publics

La sécurité dans les transports publics


Les attaques dans l’aéroport international de Zaventem et à la station de métro de Maelbeek à Bruxelles montrent encore une fois toute la barbarie des terroristes auxquels nous avons à faire face. Mais, ces attentats montrent également la capacité de « l’État Islamique » qui a revendiqué ces attentats à agir avec un machiavélisme dépassant l’entendement.

Outre le choix des cibles, ces terroristes ont cherché également à faire une démonstration de « force », à désorganiser les services de sécurité intérieure et de secours, mais également à générer suffisamment de psychose auprès des populations civiles.


 

La question de la sécurité dans les transports publics

Suite à ces attentats, se pose très légitimement la question de la sécurité dans les transports en commun, qu’il s’agisse des trains, des avions, des métros ou bien encore des bus.

Si des failles commencent à être pointées par certains sur le niveau de sécurité de l’aéroport de Bruxelles, je ne pense personnellement pas à ce stade que le problème se situe à ce niveau.

En effet, un aéroport est découpé en 2 zones distinctes qui sont le côté ville (zone publique) et le côté piste (zone réservée aux passagers). L’attentat du 22 mars à Bruxelles a eu lieu côté ville, à savoir dans une zone qui est ouverte à tous sans qu’il y ait la moindre forme de contrôle d’accès à l’aérogare.

 Dans le cas de l’aéroport de Zaventem, la question même de la sûreté stricto sensu de l’aéroport aurait pu immédiatement se poser si les terroristes avaient agi côté piste, ce qui n’est pas le cas. De toute évidence, ce type d’action aurait pu tout aussi bien se dérouler à Londres, Paris, Amsterdam, Barcelone, etc.

Dans une aérogare, quel que soit le dispositif de sécurité déployé, quoi de plus naturel que de voir des passagers avec des bagages plus ou moins encombrants. Concernant l’attentat à l’aéroport de Zaventem, le seul élément qui aurait pu éventuellement attirer l’attention des forces de sécurité est le gant noir porté par 2 des terroristes.

Les avions, les métros, les trains, les bus ou autres tramways contribuent directement à notre liberté de circulation et sont autant de moyens de transport utilisés par des centaines de millions de voyageurs chaque année. Ces moyens de transport contribuent non seulement à fluidifier nos déplacements, mais ils constituent également un rouage essentiel de notre économie.

Une sécurisation illusoire

La sécurisation des zones « publiques », hormis le côté piste (zone réservée) des aéroports, est quasiment impossible et pour le moins totalement illusoire. (cf. nos articles :

Outre toutes les problématiques de gestion de flux, de coûts, de personnels, nous ne ferions que déplacer le problème. De fait, en supposant que nous puissions inspecter filtrer toutes les personnes empruntant des transports en commun ou circulant dans une aérogare côté ville, nous ne ferions que déplacer le problème du terrorisme vers d’autres cibles qui sont dans tous les cas extrêmement nombreuses.

En admettant que nous puissions sécuriser les accès à ces zones et que les contrôles de sûreté soient d’un niveau équivalant à ceux d’un aéroport, comment sécuriserions-nous les files d’attente, étant entendu que nous avons à faire des kamikazes bardés d’explosifs ?

Pour information, « l’armement » d’un Poste d’Inspection Filtrage (PIF) – point de passage obligé dans les aéroports entre le côté ville et le côté piste – est composé de 6 agents de sûreté dûment formés et répartis de la manière suivante :

  • 1 agent en amont
  • 2 agents (1 homme/1 femme) en aval
  • 1 agent opérateur pour l’appareil radioscopique
  • 1 agent de fouille
  • 1 superviseur

Les matériels à déployer pour un tel « armement » de PIF sont les suivants :

  • Équipement radioscopique
  • Détecteurs de masse métallique
  • Table de fouille
  • Téléphone
  • Alarme silencieuse pour prévenir les forces de l’ordre discrètement
  • Cabine de fouille
  • Vidéosurveillance
  • Panneaux d’affichage

Si les contrôles dans certains centres commerciaux effectués par des agents de sécurité équipés de simples magnétomètres peuvent être considérés comme une mesure rassurante, dans les faits une telle mesure est totalement inefficace. En effet, seul un « armement » comparable à ceux des PIF des aéroports pourrait apporter une réponse acceptable sur le plan de la sûreté, sans quoi les mailles du filet sont bien trop larges. De plus, à proximité immédiate de ces zones de contrôles, il faudrait en permanence des hommes en arme (policiers, gendarmes, militaires, agents de sécurité privée armés) pour stopper tout passage en force.

La meilleure des défenses reste l’attaque

Cette « guerre » contre le terrorisme, nous ne la gagnerons pas en augmentant sans cesse les mesures de protection, mais en combattant ses monstres par tous les moyens.

La protection n’est qu’un moyen afin de répondre à une agression, mais en aucun cas un moyen pour neutraliser préventivement un agresseur. Nous avons déjà perdu de nombreuses batailles et nous continuerons à en perdre encore beaucoup si nous ne changeons pas drastiquement notre façon de regarder le terrorisme.

Combattre ces terroristes, c’est avant tout combattre au coude à coude leur idéologie. Et ces combats doivent être menés dans nos cités perdues qui ont été livrées à toute sorte de prédicateurs qui ont pris pour proie des jeunes en manque total de repère.

Combattre ces terroristes, c’est obtenir du renseignement, être en mesure de l’analyser, mais aussi de « traiter » des cibles qui sont de plus en plus nombreuses.

Combattre ces terroristes, c’est aller les déloger sur leur propre terrain, où qu’ils soient, étant donné que si nos frappes aériennes les déstabilisent, elles ne les neutraliseront jamais, car ils se réorganiseront et n’auront de cesse que de se redéployer.

Se protéger est bien évidemment une composante indiscutable de notre schéma de défense. Mais, face à de tels bourreaux, la meilleure des défenses est et restera l’attaque.

Hélas, et comme avait pu le dire Winston Churchill, de tels combats apporteront encore beaucoup de larmes et de sang, prix à payer si nous voulons pouvoir espérer remporter cette « guerre ».

Ce ne sont pas les mesures annoncées par le secrétaire d’État chargé des transports Alain Vidalies — qui consisteraient à ce que toutes les personnes présentes dans la zone publique d’une aérogare soient en possession d’une pièce d’identité et d’un titre de transport — qui, hélas, changeront la nature de la problématique.


Pour vous protéger, et protéger votre patrimoine, n’hésitez pas à consulter nos solutions de


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