La protection des entreprises face au terrorisme

La protection des entreprises face au terrorisme


L’attentat de ce jour (26 juin 2015) à Saint-Quentin-Fallavier contre l’usine Air Products montre à quel point la France est une cible privilégiée des actions terroristes. Mais cet attentat souligne également que ce type d’action peut dépasser les frontières de l’Île-de-France ou de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. De plus, les premiers éléments de l’enquête indiquent qu’il s’agirait du premier attentat kamikaze en France, doublé de la décapitation d’une personne. Si ce genre d’actions était encore il y a peu cantonné aux frontières lointaines de l’Irak, de la Syrie, de la Libye…, nous ne pouvons hélas et encore une fois que constater que cette folie meurtrière n’a vraiment plus de frontières.


 

Une opération kamikaze « fort heureusement » mal organisée>

Alors que le bilan provisoire d’une personne décédée et de deux blessés est tragique, le bilan de cette action aurait pourtant pu être bien plus dramatique si le ou les terroristes étaient arrivés à leurs fins en faisant exploser une ou des citernes de gaz.

Cette nouvelle action terroriste démontre également que nous sommes face à des terroristes ayant une expertise et un niveau de préparation qui peuvent être disparates. En effet, nous sommes aujourd’hui confrontés à 2 grandes typologies de terroristes. D’une part, des terroristes qui ont dûment préparé leurs actions sur un plan tactique et qui disposent de moyens offensifs à la hauteur du but recherché, comme ce fut le cas pour l’action menée contre Charlie Hebdo et l’hyper cacher de Vincennes. D’autre part, des terroristes qui chercheront à faire aussi régner la terreur avec des moyens aussi usuels que des couteaux, des véhicules ou bien encore des bouteilles de gaz, de l’essence, etc. comme cela a été le cas aujourd’hui.

Rappelons que l’un des objectifs de ces terroristes est de terroriser un peuple et une nation. Et pour ce faire, il n’est nul besoin de faire des dizaines, des centaines voire des milliers de morts. Il suffit « tout simplement » de passer à l’acte et, qui plus est, là où nous les attendons le moins. Ce ou ces terroristes ont frappé aujourd’hui une entreprise de type SEVESO. Mais ils pourront frapper demain dans une PME, dans un hôtel, dans un train, dans un club de sport, etc. Hélas, face à une telle folie meurtrière, les cibles ne manquent pas.

Une sûreté efficace est une combinaison de moyens

Pour se protéger d’une telle menace, les entreprises ont pris et continueront de prendre des mesures de prévention et de protection afin de protéger leurs collaborateurs ainsi que leurs actifs. En la matière, ces entreprises peuvent déployer des moyens de protections électroniques, mécaniques et humaines, l’ensemble devant être organisé autour de procédures et consignes.

Parmi, les moyens de protection électronique qui peuvent être déployés, l’on trouve des caméras de vidéosurveillance avec des technologies plus ou moins avancées, des alarmes extérieures et intérieures, des systèmes de télésurveillance ou de télésurveillance, etc.

Les dispositifs de protection mécanique vont quant à eux de la clôture, aux portails, aux barrières, aux dispositifs anti-voiture/camion-bélier, aux herses, etc.

Pour compléter ces dispositifs électroniques et mécaniques, les entreprises les plus sensibles font appel à des agents de sécurité ou maîtres chien qui, conformément à la loi de 1983, ne peuvent pas être armés. Aussi, s’ils peuvent déclencher une alerte, ces agents de sécurité sont totalement impuissants face à des individus armés ou menaçants.

Enfin, pour être les plus efficaces possible, ces moyens se doivent d’être dûment orchestrés autour de procédures et consignes, afin de faire face à toute sorte de situations, conformes ou non conformes.

La protection d’un site, comme celle d’une personne d’ailleurs, s’articule autour de plusieurs cercles. Ces cercles partent de l’environnement extérieur (périphérie) jusqu’aux zones les plus sensibles, étant entendu que chacun de ces cercles doit être d’un niveau de détection et de résistance équivalente afin permettre de détecter et/ou stopper la menace le plus précocement possible.

Beaucoup de questions en suspens

L’attentat de Saint-Quentin-Fallavier de ce jour amène beaucoup de questions sur la capacité de notre pays à faire face dans les semaines et mois à venir à un niveau de menace sur notre territoire inconnue depuis la Seconde Guerre mondiale. S’il est bien entendu nécessaire de ne pas céder à la panique, il est plus que jamais le temps de se poser les bonnes questions. Et ces questions sont nombreuses.

La toute première d’entre elles est : qu’est-ce qu’un site sensible ? Est-ce uniquement un lieu de culte, une école, une église, le siège social d’un média ? Une plage, un fast-food, une bibliothèque, un cinéma sont-ils des lieux sensibles ? Cette question est tout simplement stratégique pour la suite des événements. Car, si l’État a encore la capacité d’assurer le plan Vigipirate au niveau le plus élevé en Île-de-France et dans la région PACA, l’État français n’aura pas la capacité de protéger dans les mêmes conditions les 36 658 communes en France. N’oublions pas que l’un des objectifs des terroristes est aussi de désorganiser/déstabiliser l’État. Et cet objectif a été en partie atteint aujourd’hui avec la matérialisation d’un attentat au modus operandi inédit en France.

La seconde question à laquelle l’État va devoir répondre très rapidement est de facto la question des moyens humains et des stratégies et tactiques les plus efficaces possible à mettre en œuvre face à une menace plus que jamais diffuse et protéiforme.

Les fonctionnaires de police, des douanes, les gendarmes, les militaires pourront-ils faire face durablement à une telle situation et être déployés sur des zones « sensibles » qui seront toujours plus nombreuses ? Les agents de sécurité privée sont-ils préparés et équipés afin de faire face à des individus armés et déterminés ?

Il serait illusoire de penser que ce type de terrorisme fanatique finira bien par prendre fin, car nous en sommes très, très loin. Le Ministère de l’Intérieur estime à 3 000 le nombre d’individus qui représentent potentiellement une menace. Que se passera-t-il si seulement 10 % d’entre eux venaient à franchir le cap de la terreur ?

Nous allons devoir apprendre à vivre avec cette menace permanente. Nous allons devoir apprendre à être vigilants. Nous allons devoir aussi apprendre à développer notre capacité de résilience. Mais, plus que tout, nous allons surtout devoir redessiner complètement notre société.


Pour vous protéger, n’hésitez pas à consulter nos solutions de


Partager sur les réseaux sociaux :

Abonnez-vous

Recevez une alerte par email à chacune de nos publications

    * En soumettant ce formulaire, j’accepte que les informations saisies soient utilisées pour m’alerter des nouvelles publications d’HAXXOM.
    J’accepte également de recevoir les offres commerciales et promotionnelles d’HAXXOM.
    Pour en savoir plus sur la gestion de vos données et vos droits, veuillez consulter notre Politique de Gestion des Données Personnelles.