La culture du risque et de la sécurité

La culture du risque et de la sécurité


Une entreprise devient forte et agile lorsque ses dirigeants ont compris toute l’importance de développer et de faire adhérer le plus grand nombre de ses collaborateurs à la vision de l’entreprise et à la stratégie qui sera mise en œuvre afin d’atteindre les différents objectifs fixés. Pour ce faire, il est tout simplement primordial que les dirigeants développent au sein de l’entreprise une véritable culture. Cette culture a pour but non seulement d’expliquer la vision et la stratégie au plus grand nombre, mais aussi de créer un élan et une pro-activité des collaborateurs.

Une stratégie gagnante est toujours le fruit d’une collaboration étroite et complice entre les dirigeants de l’entreprise et l’ensemble des salariés, car, pour avancer dans une direction, les salariés ont besoin d’intégrer le pourquoi et le comment.


 

Quelle que soit la finesse de la stratégie envisagée, celle-ci ne pourra aboutir que si les dirigeants ont su fédérer l’ensemble des salariés autour de valeurs telles que l’engagement, l’honnêteté, la créativité, l’inhibition, le courage, etc., l’ensemble créant la culture de l’entreprise.

En matière de risques et de sécurité, les choses ne sont pas différentes. Afin que chacun devienne acteur du processus, l’entreprise ou l’État doit mobiliser l’ensemble de ses collaborateurs ou citoyens dans une culture du risque ou de la sécurité.

Une aversion aux risques

Aborder la thématique des risques auprès d’un public non averti est un exercice difficile, car la plupart des personnes ont une aversion spontanée vis-à-vis d’un tel sujet. Pour beaucoup, un risque dont on ne parle pas est un risque qui n’existe pas. Dans notre culture latine, nombreux sont ceux qui préfèrent vivre dans l’illusion plutôt que regarder un risque en face et prendre en conséquence toutes les mesures de prévention qui s’imposent afin d’y faire face.

Dans l’absolu, la réalité est tout autre, car la « simple » identification d’un risque implique obligatoirement que celui-ci se matérialisera tôt ou tard. Il ne s’agit que d’une question de temps.

Le risque qu’un incident nucléaire ait lieu en France ou en Europe, le risque d’un krach boursier majeur semblable à celui de 1929, le risque d’une crise sanitaire de grande ampleur et bien d’autres encore sont autant de risques que nous verrons surgir ou ressurgir à moment ou à un autre.

Un risque, quelle que soit son origine, est vivant. Il évolue, s’adapte et profite des moindres failles pour prendre forme et déployer ses ailes au « moment opportun ».

Lorsqu’un risque finit par se matérialiser, nombreux sont les observateurs qui s’étonnent de sa violence, de son apparition soudaine, du manque d’analyse, des manques de moyens déployés pour y faire face, etc.

S’agissant des risques malveillants, la problématique est encore plus complexe, car l’homme qui agit de manière volontaire peut être maléfique et extrêmement violent, dépassant de loin tout raisonnement « logique ». En matière de malveillance, la « logique » n’a, hélas, pas sa place, car celles et ceux qui cherchent à atteindre un objectif mettront tout en œuvre pour contourner la logique de celles et ceux qui sont chargés de dresser des parades.

Une prise de conscience nécessaire

Développer une culture du risque et a fortiori de la sécurité implique que le plus grand nombre soit sensibilisé et formé de manière continue aux risques et aux mesures de sécurité.

Pour être efficace, une telle approche ne peut pas se fonder sur des campagnes de sensibilisation sporadiques, mais bel et bien sur la création d’une véritable culture, et ce le plus précocement possible et à tous les niveaux de la société.

Parler des risques, qu’ils soient telluriques, technologiques, malveillants, etc., ne doit pas être perçu comme une démarche anxiogène, mais bel et bien comme une démarche préventive visant à sensibiliser le plus grand nombre, avec pour finalité ultime d’adopter les bons réflexes en cas de matérialisation du risque.

Un des problèmes majeurs en matière de gestion du risque est dû aujourd’hui à une certaine forme d’illusion collective : illusion que les probabilités d’occurrence sont très faibles, illusion que tout a été mis en œuvre pour empêcher la matérialisation de tel ou tel risque ou en atténuer ses conséquences, illusion que, finalement, tout cela ne peut arriver qu’aux autres, illusion que tout cela est bien loin de nous.

Au final, lorsque le risque redouté se matérialise et que les impacts sont importants, chacun y va de ses préconisations pour qu’une telle situation ne se reproduise plus. Mais, il est, hélas, déjà trop tard.

Une véritable culture du risque et de la sécurité doit être linéaire et non sporadique.

Gérer des risques implique d’être conscient et prêt à faire face à des scénarios les plus surprenants. Et, pour cela, il faut que l’analyse et l’anticipation soient au rendez-vous.

L’anticipation est la clef

L’anticipation est une des clefs de voûte de la gestion de risques afin d’abaisser au maximum les probabilités d’occurrence des risques identifiés ainsi que les impacts en cas de matérialisation.

Mais, anticiper est un exercice difficile qui doit prendre forme à partir d’analyses fines, de projections, de théories, d’extrapolation, sans quoi il ne serait plus question d’anticipation, mais de certitudes. Hélas, bien souvent, tous celles et ceux qui se livrent à de tels exercices sont souvent pris pour des paranoïaques.

Le 10 septembre 2001, quels sont les Américains qui auraient pu un instant imaginer qu’une attaque terroriste sur leur sol allait faire près de 3000 morts ?

En 2004, qui aurait pensé qu’un prisonnier sans histoire (Abou Bakr al-Baghdadi) du camp Buca en Irak allait devenir le calife du groupe terroriste (l’État Islamique) le plus puissant au monde ?

Le 12 novembre 2015, quel pourcentage de Français aurait pu croire que des terroristes allaient attaquer Paris et causer la mort de 130 personnes ?

Anticiper des risques constitue en soi un véritable paradoxe. En effet, si rien n’est fait, les probabilités d’occurrence des risques identifiés sont probables ou très probables. Et, dans le cas contraire, si des mesures préventives sont prises, certains pourront toujours estimer que les mesures mises en œuvre sont superflues.

Chercher à rassurer n’est pas une solution

Si les risques et menaces sont préalablement identifiés et justement appréciés, l’ensemble des réactions qui peuvent être mises en œuvre en cas de crise sera justement calibré afin de répondre à des besoins précis, et ce selon plusieurs scénarios.

Parallèlement, si les salariés ou les populations possèdent une véritable culture du risque et de la sécurité, il n’est plus alors nécessaire de prendre des mesures qui n’ont finalement pour objectif que de rassurer.

Si nous prenons le cas du terrorisme, le déploiement de militaires dans le cadre de l’opération Sentinelle a-t-il empêché les attentats du 13 novembre 2015 ? Le déploiement d’agents de sécurité avec des magnétomètres aux entrées des centres commerciaux empêchera-t-il une tuerie de masse dans de tels lieux ? Le déploiement de policiers et de militaires en faction devant des lieux de cultes ou autres lieux jugés sensibles empêcheront-ils des attentats d’être commis en France ? La réponse à toutes ces questions est non, car les terroristes s’adapteront à toutes ces mesures et prendront pour cible les cibles qui sont les plus « molles ».

En revanche, dans une telle situation, des mesures bien moins visibles par le plus grand nombre sont quant à elles bien plus efficaces, telles que le travail d’analyse des services de renseignement, le renforcement des patrouilles en tenue et en civil, les filatures, les investigations en tout genre, etc. Dans ce cas, il ne s’agit pas de faire une démonstration de force, mais d’être véritablement efficace.

Comment créer une culture du risque et de la sécurité ?

Développer une culture du risque et de la sécurité dans une entreprise ou un pays est avant toute chose une affaire de volonté, de pédagogie et, tout particulièrement, de communication.

Une telle démarche ne peut que consister à former et informer le plus grand nombreafin que chacun devienne un acteur de la sécurité de l’ensemble.

En matière de sécurité au sens large du terme, c’est l’inaction, le manque d’anticipation, le manque d’analyse, les sur-réactions et le manque de formation du plus grand nombre qui sont véritablement problématiques.

Une entreprise ou un pays se doit aujourd’hui de dispenser à ses collaborateurs ou citoyens une véritable culture du risque et de la sécurité afin que chacun ait une même grille de lecture. Il ne peut plus y avoir les acteurs d’un côté et les spectateurs de l’autre. Chacun à son niveau a un rôle à jouer.

Enfin, la culture du risque et de la sécurité n’a rien à voir avec une « culture de la peur » visant à brider les libertés. Bien au contraire, la culture du risque et de la sécurité doit être vue comme une approche essentielle afin de nous préparer à faire face à toutes les formes de risques ou de menaces qui finiront dans tous les cas par se matérialiser à un moment ou à un autre.

C’est pendant que la mer est encore calme qu’il faut se préparer à affronter les tempêtes, car, une fois pris dans le déluge, il sera trop tard…


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