État Islamique : un ennemi désigné, mais pas le seul…

État Islamique : un ennemi désigné, mais pas le seul…


Afin de mener une « guerre », il y a plusieurs facteurs qui sont essentiels : le premier est de désigner clairement un ennemi, le second est de hiérarchiser ses priorités, le troisième est d’être certain de remporter cette « guerre » et enfin, le dernier, qui n’est pas des moindres, est de s’assurer que la « guerre » qui sera menée n’aggravera pas la situation. Depuis les tragiques évènements du vendredi 13 novembre, Bachar el-Assad ne fait plus pour l’instant partie des priorités du gouvernement français. L’ennemi est aujourd’hui « clairement » désigné : cet ennemi est l’État Islamique (EI). Mais l’État Islamique est-il le seul groupe terroriste de type djihadiste présent en Syrie ? La réponse à cette question est non. Et les autres groupuscules, bien que moins « puissants et déterminés » à combattre nos démocraties, n’en sont pas plus honorables.


En Syrie, il n’y a pas qu’un groupuscule terroriste au sens strict du terme représenté par l’EI, mais des groupuscules terroristes prêts à pactiser entre eux, à se désunir, à « fusionner » pour atteindre leur but…

Certes, tous ces groupuscules terroristes n’ont/auront pas la capacité/volonté de coordonner des actions terroristes sur le sol français pour l’instant. Mais l’histoire récente nous a montré qu’il ne fallait surtout pas sous-estimer le moindre de ces groupes/factions. En effet, qui aurait dit qu’un de ces groupuscules, l’État Islamique, créé en 2006 en Irak, aurait eu la volonté d’envoyer des kamikazes sur notre sol moins de 10 ans plus tard ?

Qui aurait pensé qu’un groupuscule, Al-Qaïda, luttant en Afghanistan contre les Russes et armé par les Etats-Unis, ferait des années plus tard trembler la 1re puissance mondiale et le reste du monde le 11 septembre 2001 ?

Les principaux acteurs en Syrie

Afin d’avoir une meilleure vue d’ensemble, faisons un petit tour des forces en présence. Sans entrer dans une analyse géopolitique qui serait bien trop complexe, nous allons tout de même essayer d’y voir plus clair afin d’être certains de n’oublier personne dans cette « guerre » déclarée contre le terrorisme islamiste.

Pour bien comprendre la géopolitique et la géostratégie, il faut avant tout parfaitement intégrer que l’ennemi de mon ami est mon ennemi, mais aussi que l’ennemi de mon ennemi est mon ami et enfin que l’ennemi de mon ami peut devenir mon ami si j’arrive par ce biais à atteindre mon objectif.

Les principaux groupuscules rebelles opposés au régime de Bachar el-Assad sont les suivants :

Le Front islamique

  • Idéologie : islamisme sunnite et salafisme
  • Création : septembre 2013
  • Chefs : Ahmed Abou Issa, Abou Rateb, Hassan Aboud, Zahran Allouche
  • Effectifs : entre 45 000 et 80 000 hommes
  • Idée directrice : renversement de Bachar el-Assad, création d’un État islamique et instauration de la charia (loi islamique)
  • Sources de financement : principalement Arabie Saoudite, Qatar, Turquie

Le Front Islamique est le groupe de rebelles le plus important de Syrie devant l’armée syrienne libre (ASL), l’État Islamique et le Front Al-Nosra

Le Front Islamique est composé des 7 groupes suivants :

  • Ahrar al-Sham (Les libres du Levant) – Groupe lié à Al-Qaida
    • Idéologie : Salafisme
  • Suqour al-Sham (Les Aigles du Levant)
    • Fusion en mars 2015 avec Ahrar al-Sham (Les libres du Levant)
  • Liwa al-Tawhid
    • Idéologie : Islamiste sunnite
  • Jaysh al-Islam (Armée de l’Islam)
    • Idéologie : Salafisme
  • Liwa al-Haq (Armée de la Vérité).
    • Idéologie : Islamiste sunnite
  • Ansar al-Sham
    • Idéologie : Islamiste sunnite
  • Front islamique kurde

L’Armé Syrienne Libre — ASL

L’Armée Syrienne Libre était au début du « printemps syrien » la toute première force d’opposition au régime de Bachar el-Assad avant d’être complètement surpassée par de nombreux groupes djihadistes et salafistes.

  • Idéologie : nationalisme arabe
  • Création : septembre 2011
  • Chef : Abdul-Ilah al-Bashir
  • Effectifs : entre 15 000 et 50 000 hommes
  • Idée directrice : renversement de Bachar el-Assad et du régime baasiste et établissement d’une démocratie
  • Sources de financement et d’équipement militaire : France, Royaume-Uni, Allemagne, Pays-Bas, Croatie, Turquie, Arabie Saoudite, Qatar, Libye, Jordanie, Koweït, Émirats Arabes Unis…

L’État Islamique — Daesh

  • Création : 2006
  • Chef : Abou Bakr al-Baghdadi (ancien leader d’Al-Qaïda en Irak) depuis 2010
  • Effectifs : entre 20 000 à 30 000 combattants, selon un rapport de la CIA de septembre 2014. L’ONU estime quant à elle le nombre de combattants à environ 25 000.
  • Idée directrice : instaurer un califat le plus large possible.
  • Sources de financement : extraction et revente de pétrole sur le marché noir, impôt révolutionnaire, pillages et extorsions de fonds, enlèvements et esclavage, agriculture, financement « clandestin » de certains pays du golf persique afin de notamment déstabiliser l’Iran, etc.

Front al-Nosra ou Jabhat al-Nosra

  • Création : A prêté allégeance à Al-Qaïda en 2013 (après avoir refusé l’appel de al-Baghdadi [EI])
  • Chef : Abou Mohammed al-Joulani
  • Effectifs : Entre 5 000 et 15 000 hommes
  • Idée directrice : renversement de Bachar el-Assad et création d’un califat par la charia (loi islamique)
  • Sources de financement : exploitation de puits de pétrole, fonds privés en provenance des pays du Golf

Le Front al-Nosra a été « classé » comme organisation terroriste par les États-Unis en 2012.

En mai 2014, l’ONU plaçait le Front al-Nosra dans les groupuscules proches d’Al-Qaida. Le Front al-Nosra est également considéré comme un groupe terroriste par l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, la Russie, la Grande-Bretagne et la Turquie.

En 2012, après son classement en organisation terroriste par les États-Unis, le Front al-Nosra aurait créé de nouvelles organisations « rebelles » afin de capter les financements américains, parmi lesquelles Jaysh al-Islam. Depuis, les Américains ont stoppé de financer ce groupuscule.

Pour l’observatoire syrien des droits de l’homme, « le Front al-Nosra n’est pas si différent de l’État Islamique ».

Bachar el-Assad à tout prix…

En 2014, Joe Biden, le vice-président des États-Unis, reconnaissait que l’Arabie Saoudite, le Qatar et, entre autres, la Turquie avaient versé aux rebelles luttant contre le régime de Bachar el-Assad des centaines de millions de dollars et qu’ils leur auraient livrés des armes en grande quantité. Sauf que ces fonds et ces armements ont été captés/destinés à des groupes djihadistes (Front al-Nosra, Ahrar al-Sham, etc.)…

Au « seul » motif de combattre la tyrannie de Bachar el-Assad, de nombreux pays occidentaux ferment les yeux sur les alliances de nos « amis » avec nos ennemis, aidant par conséquent nos ennemis à devenir encore plus forts.

Cette guerre menée contre le régime syrien est une guerre à géométrie variable où le « tout sauf Assad » a été une stratégie pendant de longues années. Stratégie qui comme nous le voyons a été remise en cause afin d’être cette fois-ci le « tous contre l’État Islamique ». Le seul hic, c’est que l’État Islamique ne représente qu’une partie de ce que nous pouvons qualifier d’ennemis.

Comme l’hydre de Lerne, le terrorisme islamique a plusieurs têtes dont l’une d’elles est immortelle. Cette tête immortelle s’appelle le fanatisme.

Pour conclure, je pense que les Américains nous auraient prévenus si leur guerre contre le terrorisme depuis 2001 à coup de frappes aériennes et d’interventions au sol avait apporté le moindre début d’une solution en Irak et en Afghanistan et surtout le début d’une solution pour lutter contre le terrorisme islamiste…


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